Parlons-en! Les parcours migratoires

Les Rencontres Interculturelles dans Hochelaga-Maisonneuve se veulent une série de rencontres de discussion sur différentes thématiques, des événements festifs et des formations en relations interculturelles. Elles s'inscrivent au sein de plusieurs actions visant à renforcer l'inclusion des personnes issues de la diversité et le mieux vivre-ensemble au sein du quartier de Hochelaga-Maisonneuve. Les soirées thématiques se font en compagnie de citoyen.nes, d’intervenant.es expert.es et de militant.es engagé.es. C'est l'occasion d'offrir un espace de parole sans jugement, afin de permettre à tou.tes d’exprimer son vécu et d’accueillir nos différences pour le bien-être collectif. 

Le cœur du projet est de permettre un espace de discussion bienveillant entre personnes provenant de divers milieux culturels en vue de favoriser l’inclusion, d’atténuer les préjugés et ainsi, offrir une prise de conscience citoyenne aux résident.es d’Hochelaga-Maisonneuve. La hausse marquée de l’immigration des dernières années nécessite d’aller à la rencontre de l’Autre et d’établir le dialogue avec des intervenant.es et militant.es engagé.es de milieux différents. 

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Au-delà des chiffres et des statistiques sur l’immigration, il y a des personnes qui ont décidé de quitter leur pays afin de venir s’établir dans les différentes régions du Québec. Quel est leur parcours? Quels sont les défis rencontrés? Cette deuxième soirée thématique nous amènera à avoir une meilleure compréhension des différents types de statuts et de parcours migratoires. Les intervenant.es invité.es nous raconteront leurs parcours de vie et les défis rencontrés dans leur démarche, selon leurs histoires et statuts. Une attention particulière sera portée sur les défis qui se présentent à eux, même une fois installés au Québec : difficulté à trouver de l’emploi et un logement, la langue française et le racisme dont ils doivent faire face, pour ne nommer que ceux-ci.

Panélistes :

  • Bouchera Belhadj : Née en Algérie, c’est à l’hiver 2013 que Bouchera arrive au Québec par le biais du parrainage, à l’âge de 16 ans. En poursuivant ses études secondaires puis collégiales, elle rencontre un Québec agité par le débat autour de la Charte des valeurs et fait rapidement le constat des stigmates à l'égard des citoyen.nes de confession musulmane. C’est alors qu’elle découvre le milieu communautaire et la valeur essentiel que celui-ci peut détenir au sein de son parcours migratoire. Dans cet élan, elle rejoint le Forum jeunesse de Saint-Michel, un organisme de participation citoyenne axé sur l’émancipation et l’accompagnement des jeunes du quartier. Elle poursuit son engagement en travaillant pour le Réseau des jeunes du Conseil Canadien pour les réfugiés en s’intéressant particulièrement à cette réalité. C’est pourquoi parallèlement elle a fait partie d’un comité universitaire de parrainage d’étudiants réfugiés. Étant actuellement étudiante en psychologie à l’UQAM, elle compte poursuivre au cycle supérieur dans l’intérêt de nourrir sa réflexion sur les réalités interculturelles et migratoires.
  • Mamadou Konaté : Né le 28 mars 1981 en Côte d'Ivoire. En 2003, suite à la guerre civile, il se voit forcé de quitter le pays, car il est en danger de mort. Commence ainsi un parcours épuisant. Il se déplace d'abord vers le Nigeria. En 2005, croyant qu'il est à nouveau en sécurité dans son pays natal, il y retourne, mais s'y fait emprisonner. Grâce au soutien de la Croix-Rouge et des Nations Unies, il réussit à se réfugier dans la zone tampon entre les rebelles et les forces gouvernementales, pour finalement se diriger vers le Libéria. En 2011, il tente à nouveau de rentrer en Côte d'Ivoire, mais se rend rapidement compte qu'il est toujours en danger de mort, et ce, malgré la fin de la guerre civile et un changement de gouvernement. Il décide finalement de quitter pour de bon en 2013, se dirigeant au Canada en passant par le Ghana et la Turquie. En 2016, il arrive au Canada et se poursuit donc une longue lutte afin de régulariser son statut. Après avoir travaillé pour Hydro-Québec et s'être fait refuser sa demande d'asile, qui n'a même pas été traitée en raison d'une loi discriminatoire passée par le gouvernement Harper en 2013 (34.1.B de la loi sur l'immigration et la protection des réfugiés), il passe près de deux semaines au centre de détention pour personnes migrantes à Laval. Pendant les deux années suivantes, il fait différents boulots à gauche et à droite, pour finalement trouver un poste en entretien ménager auprès d'un CHSLD, en pleine pandémie. Il y travaille plusieurs mois et y contracte la COVID-19 en avril 2020 pour cette raison. Au début du mois de septembre, Mamadou se rend volontairement au bureau d'immigration Canada afin de tenter de faire avancer son dossier pour régulariser son statut, mais il se fait à nouveau emprisonné. Cette fois, il passe plus de 6 semaines au centre de détention, dont deux semaines entières en confinement total. Après trois audiences en révision de détention, il se fait finalement libéré sous caution. Après avoir vécu tous ces obstacles, Mamadou Konaté se bat toujours afin d'obtenir son statut. Le gouvernement provincial, questionné à plusieurs reprises au sujet de Mamadou, notamment à l'assemblée nationale, se déresponsabilise totalement et renvoie la balle vers le fédéral. Le fédéral, quant à lui, fait la sourde oreille. Mamadou se bat présentement et toujours, avec l'aide de ses ami.e.s, afin d'obtenir statut en sol québécois.
  • Virginie Beaubien : Avocate en droit de l'immigration, Virginie Beaubien est détentrice d'un baccalauréat en Relations Internationales et Droit International, ainsi que d'un baccalauréat en Droit de l'UQAM. Dans le cadre de son stage barreau, elle a travaillé au sein d'Avocats Sans Frontière Canada, dont 9 mois qui se sont déroulés au Pérou. Ayant toujours eu comme motivation l'accès à la justice pour tous et toutes et la défense des collectivités en situation de vulnérabilité, elle a aujourd'hui son propre bureau où elle se spécialise dans les demandes humanitaires, les demandes d'asiles, les examens de risques avant renvoi et le parrainage. De plus, ayant elle-même parrainer son époux, elle sera en mesure de partager son expérience personnelle de regroupement familial.
  • Aimeric Vlaeminck :  Arrivée à Montréal en 2016, Aimeric a débuté un parcours académique en photographie au Cégep André-Laurendeau, puis au Cégep du Vieux Montréal. Parallèlement à sa vie étudiante, il s'est engagé comme bénévole dans un organisme communautaire venant en aide aux personnes issues de la communauté LGBTQ+. De plus, il est technicien en éducation spécialisée, auprès de personnes vivant en situation de handicap avec un trouble grave du comportement, dans un service gouvernemental. Depuis la récente réforme du PEQ, son parcours migratoire est perturbé, voire remis en question. Il s'est alors engagé au sein du collectif " afin de faire entendre sa voix, de même que ceux et celles qui sont dans la même situation que lui ; pour que ceux et celles qui vivent ici, qui sont intégré.e.s ici, puissent y rester et continuer de contribuer à la société québécoise.
  • Ahmad EL Khatib : Ahmad est né au début des années 90 aux Émirats arabes unis, situé dans l'est de la péninsule arabe, là où le soleil frappe fort, les palmiers portent les dattes sucrées et la mer y est partout. Celui-ci est cependant d'origine palestinienne et malgré qu'il ait souvent rêvé d'aller en Palestine pour y découvrir ses racines, le conflit israélo-palestinien et les tensions politiques y ont mis freins. C'est ainsi qu'à l'âge de 21 ans, Ahmad décida de venir au Canada seul, et entreprendre un cheminement en tant que demandeur d'asile pour bâtir son avenir ici. De la lutte pour obtenir un statut régulier et légal à l'apprentissage du français, en passant par l'établissement d'un cercle d'ami.es, son parcours a été parsemé de hauts et de bas, mais aussi d'enrichissements! Ayant vécu 6 ans à Montréal, et après avoir fait la rencontre de plusieurs personnes partageant une réalité similaire, celui-ci décida de poursuivre son chemin vers la région de la Montérégie cet été. ''Une nouvelle immigration dans ma réelle immigration'', de la métropole à la campagne, de nouveaux défis l'attendent dans les bois!
  • Thibault Camara : Ayant découvert la difficulté et la réalité du parcours migratoire depuis son arrivée au Québec en 2014, Thibault Camara s'implique pour défendre les droits des personnes immigrantes, mais aussi promouvoir une société du vivre-ensemble où l'inclusion et l'ouverture raisonnent pour toutes et tous. Impliqué aux côtés des personnes immigrantes et néo-Québécoises depuis l'année 2018 ; il est l'instigateur du mouvement " . Cette organisation supporte des personnes immigrantes à la fois pour porter leurs voix et pour créer des ponts avec la société québécoise. Il est par ailleurs scientifique de données dans le secteur financier à Montréal. 
Webinaire :


La Table de quartier Hochelaga-Maisonneuve
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